Né le 4 août 1810, Maurice est le cadet d'une famille de quatre enfants. Il vit avec ses frères et soeurs Erembert, Eugénie et Marie dans la demeure familiale. Leur père Joseph, homme lettré, gère le domaine de 40 hectares dont les revenus permettent tout juste d'entretenir la maisonnée. Maurice est un enfant tourné vers la contemplation de la nature. Il parcourt les sentiers du Cayla et s'adonne à la poésie.
A 12 ans, il part pour le Petit séminaire de l'Esquile à Toulouse. En 1824, il se rend à Paris au collège Stanislas et fait la connaissance de Jules Barbey d'Aurevilly. Il manifeste peu de goût pour les études et cherche sa voie. Destiné par sa famille à la prêtrise, comme c'était alors l'usage pour les cadets, il abandonne ce projet et s'essaie aux études de droit puis au journalisme. Il publie dans l'Avenir, le journal de Lamennais et dans la Revue Européenne.
Au moment de la Révolution de juillet, l'été 1830 le voit de retour au Cayla. Il rencontre Louise de Bayne qui suscite quelques poèmes galants. Cette idylle n'aboutira pas. C'est à cette période que Maurice commence son journal : le cahier vert.
En 1832, en proie aux interrogations les plus sombres sur son avenir, il est à la recherche d'un maître spirituel qu'il trouve en la personne de Lamennais. Celui-ci réunit, chez lui, à la Chênaie, près de Dinan, une congrégation qu'il a fondée avec son frère. Maurice y rencontre Hippolyte de la Morvonnais chez lequel il demeure à la disparition du groupe. Il découvre la poésie anglaise.
De retour à Paris en 1835, il apprend le décès de Marie de la Morvonnais, l'épouse de son ami, à qui il destine une longue méditation : Page sans titre. La souffrance maîtrisée devient source de création au coeur même de la nature, sur les traces de la figure féminine.
En 1836, il procède à l'autodafé de ses écrits, excepté le cahier vert qu'il a donné à un ami parti pour le nouveau monde. Il rédige le Centaure, la Bacchante, puis deux poèmes en prose : Glaucus et la Délivrande.
En avril 1837, Maurice de Guérin adresse sa première lettre à Madame de Maistre avec laquelle il entretiendra une correspondance amoureuse.
La période parisienne est pour Maurice l'occasion de s'initier à la vie des salons et au dandysme sous l'égide de Jules Barbey d'Aurevilly, chez lequel il demeure un temps. Il découvre le monde des arts et se lie d'amitié avec Trébutien et Sainte-Beuve. Pour subsister, il donne des répétitions de latin et de grec.
Sous l'autorité de Jules Barbey d'Aurevilly, qui exerce une forte influence sur lui, il fait la connaissance de Caroline de Gervain qu'il épousera le 15 novembre 1838.
Atteint de tuberculose et très affaibli, Maurice de Guérin quitte Paris le 17 juin 1839 avec son épouse. Eugénie les rejoint à Tours. Il arrive, exténué au Cayla le 8 juillet où il meurt le 19 juillet.